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Un projet, un objectif : vaincre la pauvreté

DE L’ALPHABÉTISATION À L’ENTREPRENEURIAT

Femmes de Porto-Novo n’est pas une œuvre charitable au sens traditionnel du terme. En fait, c’est une véritable boîte à outils dont le concept a vu le jour en 2003, dans le cadre des activités de la Fondation Paul Gérin-Lajoie au Bénin.

À l’époque, Sylvie Labelle, alors directrice de la section Afrique de la Fondation, conçoit un projet de développement pour lutter contre la pauvreté au Bénin. L’idée est novatrice : au lieu de simples dons et de soutien ponctuel, Femmes de Porto-Novo va offrir aux femmes démunies de la capitale béninoise de la formation et des outils qu’elles pourront ensuite utiliser pour améliorer leurs conditions de vie.

Mais tout ne s’est pas fait du jour au lendemain. Heureusement, Sylvie a pu s’appuyer sur le travail préalable de la mairie de Porto-Novo et sur ce qu’avait déjà entrepris la Banque mondiale auprès des groupements de femmes.

Enthousiaste, Sylvie Labelle a ensuite conçu un véritable « parcours » à l’intention des femmes, lequel allait les porter « de l’alphabétisation à l’entrepreneuriat », grâce à une approche intégrée, qui leur fournirait tout ce dont elles ont besoin. Pour réaliser sa vision audacieuse elle a approché René Dupéré, compositeur du Cirque du Soleil qui a accepté de financer la réalisation du projet.

AU-DELÀ DU SEUL MICROCRÉDIT

Les groupes de femmes choisis pour le projet sont accompagnés pendant un an et demi.

Dans un premier temps, les groupements de femmes sont sélectionnés par l’équipe terrain du projet sous la recommandation des chefs de quartiers. Par la suite, les femmes sont invitées à suivre une formation en alphabétisation en langue locale. Après six mois de formation elles sont tenues de soumettre un projet d’affaires.

Un comité de pilotage, présidé par le Maire de Porto Novo ou son représentant, sélectionne les groupements. Ceux-ci recevront un don en équipement et un prêts pour leur fonds de roulement. Puis les membres passent à l’élection d’un comité de direction. Les femmes apprennent à travailler en collégialité. Durant leurs parcours vers l’entrepreunariat, les participantes reçoivent des cours de françias, de qualité de produits, de promotion et de marketing.

Les résultats obtenus par les Femmes de Porto-Novo sont remarquables. Depuis les débuts, les femmes voient leurs conditions de vie s’améliorer concrètement.

Ainsi, certaines femmes qui touchaient auparavant environ 1 500 francs CFA (3,50 $ CAD) par mois voient leurs revenus dépasser les 15 000 francs CFA (37$) pour la même période. Ça compte!

DES RETOMBÉES BIEN RÉELLES

Ce projet a vu naître des entreprises florissantes, innovantes, œuvrant majoritairement dans le domaine de la transformation alimentaire.

À ce jour, Femmes de Porto-Novo a pu financer 135 groupements qui réunissent environ 1 825 femmes issues des 5 arrondissements de Porto-Novo. Ces femmes ont mis sur pied 104 unités de production dans une foule de domaines: culture maraîchère, pisciculture, production de farine de maïs, de manioc, de teinture, de poterie et de savon, savon liquide parfumé, huile de courge, baume et pommade pour la peau, poisson fumé, amuse-gueule et autres.

Après un peu plus de 15 ans, 93 % des groupements appuyés par Femmes de Porto-Novo sont toujours actifs et leurs revenus continuent de croître.

LE PROJET DES FEMMES DE PORTO NOVO DEVIENT LE PAPEF

Depuis 2015, avec le soutien financier du Ministère des Relations Internationales et de la Francophonie du Gouvernement du Québec et René Dupéré, le projet des Femmes de Porto Novo continue sur sa lancée sous le nom de Projet d’appui au Parcours entrepreneurial des femmes de Porto Novo (PAPEF). Ce partenariat, d’une durée de trois ans, est co-géré par la Fondation Paul Gérin-Lajoie et  l’organisation non gouvernementale béninoise le RAIL. C’est la Fondation qui assure le suivi auprès du Gouvernement du Québec.